Le berlingot de Carpentras mis en boîte

Tous les gourmands de Provence et d’ailleurs, connaissent le berlingot de Carpentras. Cette délicieuse confiserie du Vaucluse est élaborée à partir de sirop de fruits confits et elle est… à tomber. Dure et translucide, cette friandise est reconnaissable entre toutes, grâce à ses jolies stries blanches. Mais attention, les Provençaux sont des farceurs et la couleur du berlingot ne correspond pas toujours à son parfum.

La petite histoire du berlingot de Carpentras

Il semblerait que ce petit bonbon en forme de mini pyramide, ou de tétraèdre, ai vu le jour sous le règne de Clément V, premier pape d’Avignon. Un souverain pontife ma foi bien épicurien qui se délectait aussi de muscat de Beaumes-de-Venise ! Selon la tradition, le berlingot lui devrait même son nom. En effet, il s’agirait de la déformation du vrai patronyme de notre pape gourmand, Bertrand de Got.

Le berlingot de l’officine à la confiserie.

Quoi qu’il en soit, il faut savoir que les premiers berlingots étaient à l’origine des produits médicinaux fabriqués avec du caramel. On ne les trouvait d’ailleurs en vente que chez les apothicaires vauclusiens. Mais en 1844, un confiseur de Carpentras, François Pascal Long, décide d’introduire du sirop de fruits confits dans la recette.

Le berlingot multicolore

Telle la citrouille se transformant en carrosse, le délicieux médicament devint une confiserie. Il quitta alors la boutique de l’apothicaire pour celle du confiseur. Un peu plus tard, c’est au tour d’un autre Carpentrassien d’innover. Dans le cas présent, il ne s’agit plus de modifier la recette, mais de passer de l’artisanat à l’industrialisation. C’est ainsi que dès 1851, Gustave Eysséric fait connaître le berlingot de Carpentras dans le monde entier. La production de la « berlingotière Letang » bat alors son plein.

Le berlingot de Carpentras à la conquête du monde

Les industriels de l’époque commencent alors à s’intéresser de très près à ce marché en plein essor. Pour produire encore plus de berlingots, ils mettent au point des chaudières, des rouleuses, des découpeuses et des pétrins toujours plus performants. Pourtant, face à la pénurie de sucre, notre bonbon à rayures connaîtra une petite baisse de régime après la Seconde Guerre mondiale. Malgré tout, la production est bien vite relancée. Voilà notre berlingot qui repart à l’assaut des gourmands. Le Comtat Venaissin compte alors cinq maisons actives dans la production et la vente de berlingots : les établissements Eysséric, Bonneru, Raquillet-Chabas, mais également la confiserie Duparcq et la confiserie du Mont Ventoux. Cette dernière est d’ailleurs toujours en activité.

Le berlingot de Carpentras en cinq étapes

La fabrication du berlingot de Carpentras répond à des normes très précises et se déroule en cinq étapes.

  1. Tout commence par la cuisson du sirop jusqu’à la bonne constitance.
  2. Vient ensuite l’introduction du fil de sucre blanc et l’étirage de la pâte.
  3. Puis c’est l’étape du malaxage.
  4. Le confiseur procède alors à la découpe à l’aide de la berlingotière, ce qui va finir de dessiner l’apparence de nos petits bonbons. La confiserie provençale a dès lors sa forme de pyramide et présente ses fameuses lignes de sucre blanc. Le berlingot mesure environ un centimètre de côté.
  5. Les rubans de bonbons sont alors mis à sécher avant d’être détaillés et emballés.

Des couleurs parfois trompeuses

La plupart du temps, la couleur du berlingot correspond à son parfum. Mais pas toujours. Si le bonbon orange indique le goût de l’orange, le jaune celui du citron et le vert celui de l’anis, ne vous fiez pas à la couleur rouge. Il ne s’agit pas du parfum de la cerise, ni celui de la framboise ou de la fraise. Dans le monde du berlingot de Carpentras, cette belle teinte rubis, cache en réalité, le parfum de la menthe ! Quant au berlingot à l’abricot, lui, il est presque blanc.

Du goût, encore du goût !

La gamme traditionnelle de ces parfums, ne cesse de s’agrandir. Sous l’impulsion des confiseurs venaissins, de nouvelles saveurs font leur apparition. Vous trouverez désormais des berlingots aux arômes de chocolat, de café, de melon, de lavande, de cerise des Monts de Venasque, mais aussi au subtil goût de fraise. De fraise de Carpentras bien sûr.

Une tradition vivace et des gourmands toujours présents

Deux confiseurs carpentrassiens perpétuent encore la tradition de la production artisanale du Berlingot de Carpentras en Vaucluse.

Monsieur Thierry Vial de la « Confiserie du Mont-Ventoux », représente la plus ancienne fabrique artisanale de berlingot de Carpentras. Cette confiserie familiale est, en effet, en activité depuis 1946. Son savoir fer a été salué et elle porte désormais le label d’Entreprise du Patrimoine Vivant qui certifie une fabrication d’excellence.

Monsieur Serge Clavel de la « Confiserie de Carpentras ». Plus récente dans la tradition du berlingot de Carpentras, il apporte néanmoins avec talent, sa contribution gourmande à la perpétuation de la tradition, ainsi qu’à l’évolution des gammes de parfums.

Jack a dit.

Le berlingot de Carpentras est le bonbon préféré de Jack. Il en a d’ailleurs toujours une boîte à portée de la main. Mais chut 🤫, il n’aime pas partager. Alors vous aussi, succombez aux délicieux parfums du berlingot de Carpentras et faites le plein. Regardez, il y en là ici, juste en dessous, à portée de clic.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *